Flexitarien (ou végétarien), je revendique le statut de minorité opprimée !

(j’ai écrit ceci en étant inspiré d’un article du Nouvel Observateur du quatre janvier)

 Selon le droit international, une « minorité », c’est un groupement de personnes liées entre elles par des affinités religieuses, linguistiques, culturelles, ethniques, politiques, englobées dans une population plus importante.

Le droit des « minorités » est reconnu et décrit dans diverses chartes ou déclarations internationales selon les recommandations d’instances comme l’ONU et l’Unesco.

Jusque là, vous me suivez ?

Ok, alors, partant de ce principe, le groupe des végétariens/flexitariens est bien une « minorité » puisque, dans nos pays d’Europe Occidentale, on compte environ dans les deux-trois pourcents[1] de « végés purs et durs » (et environ le double de « flexitariens »)…

Une minorité “rassemblée” par la même idée, la même philosophie, la même culture : manger moins, beaucoup moins, voire pas du tout de viande…

Bref, oui, nous sommes bien une minorité !

Et même une minorité … opprimée !

 Opprimée ?

Bin, oui…

Et pas qu’un peu !

Les végé(flexi)tariens sont isolés, marginalisés, montrés du doigt, …

Bien que les végétariens (et les flexitariens) soient en meilleure santé (en général) que les « carnivores », et que le végétarisme ou le flexitarisme soient également bons pour la santé … de la planète, combien de fois le végé/flexi est-il, sinon martyrisé moralement, du moins au minimum ignoré ?

Un exemple ?

Dans bon nombre d’écoles, de prisons, d’hôpitaux, de collectivités diverses, des repas sans porc sont proposés aux intéressés (voire imposés à toute la communauté), …

… alors qu’il est (très) rare que des repas végés soient spontanément proposés !

Pire : quand vous demandez un repas végé dans une collectivité, il arrive souvent qu’on vous regarde de haut, qu’on vous traite d’emmerdeur, … ou pire ! Et/ou qu’on vous le refuse sans raison (ou en vous donnant une raison “bidon”, du genre que c’est meilleur pour votre santé de manger de la viande !)…

Et si vous allez au resto (un resto non végé, évidemment) avec des amis, vos amis ne vous diront peut-être rien (parce qu’ils sont des amis, et qu’ils sont habitués à vous voir ne pas manger de viandes), mais le personnel, à peine narquois, moqueur, va vous regarder pour le moins de travers si vous demandez un repas sans viande, sans poulet, sans poisson, sans fruits de mer…

Vu l’empreinte écologique démesurée de la production de bidoche, c’est aberrant qu’aucun « Grenelle » n’ait promulgué l’obligation d’un menu végétarien alternatif au cahier des charges du secteur de l’HoReCa ! Chaque resto devrait pouvoir proposer au moins UN menu végé !

Mais, non, le végé y passe pour un dangereux extraterrestre !

Saviez-vous qu’il n’y a guère, certains restaurants d’autoroute refusaient de servir un verre de vin à un consommateur qui ne prenait pas un repas « complet » ? Bon, jusque là, on peut comprendre : boire de l’alcool sans manger, ce n’est pas l’idéal… Mais saviez-vous que, par « complet », on entendait OBLIGATOIREMENT avec une viande ? J’ignore ce qu’il en est actuellement, mais ce genre d’oppression laisse quand même songeur, non ?

 Quoi qu’il en soit, en tant que flexitarien, je me fais parfois l’effet d’un pestiféré quand j’envisage de manger « normalement » (c’est-à-dire sans obligatoirement devoir me taper une viande).

Excusez-moi de ne pas manger autant de viandes que vous, messieurs (et mesdames) les carnistes !

                                               Bon appétit !


[1] Pourcentage variable selon les pays… Par exemple, en France, où desmenteurs fonctionnaires font croire que le végétarisme est une secte dangereuse, on parle plutôt de un à deux pourcents ; en Belgique, pays plutôtpour (on y respecte en certains endroits officiels les lundis ou les jeudis sans viande) mais sans nécessairement prôner une alimentation végé, on parle de trois à quatre pourcents de végétariens, alors qu’en Angleterre, où l’on reconnaît officiellement le végétarisme comme une bonne alimentation, on dépasse facilement les cinq pourcents… Dans d’autres régions du monde, on compte dans les huit à neuf pourcents de végétariens en Israël, mais si l’on va en Inde, le pourcentage monte à quarante pourcents ! Le jour où le monde entier pratiquera le végétarisme a raison de quarante pourcents de la population, le problème de la faim dans le monde sera pratiquement résolu !

Eric G Delfosse           http://santealalune.wordpress.com/