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Dans la nuit de ce samedi 29 à ce dimanche 30 mars, c'est le changement d'heure. La France passe à l'heure d'été. Voilà comment suivre le changement d'heure 2014 sans se tromper.

 

[Mis à jour le 29 mars 2014 à 16h56] Le changement d'heure 2014 a lieu cette nuit dans toute la France. Voilà exactement ce qu'il faut retenir pour passer de l'heure d'hiver à l'heure d'été : ce dimanche 30 mars, à 2 heures, il sera en fait 3 heures. La France avance à ce moment précis toutes ses horloges et les Français doivent faire de même pour rester à l'heure officielle. Cela signifie qu'une heure de la journée est purement et simplement supprimée et que les Français perdent une heure de sommeil dans la nuit de samedi à dimanche avec ce changement d'heure. Ils gagneront en contrepartie une heure d'ensoleillement en fin de journée, une aubaine au moment où les beaux jours arrivent.

Les heures d'ensoleillement sont, de fait, repoussées d'une heure dans la journée : le matin, le soleil se lèvera plus tard, le soir, il se couchera plus tard. Mais l'été approchant, les durées d'ensoleillement s'allongent de jour en jour, jusqu'au 21 juin. La France repassera à l'heure d'hiver dimanche 26 octobre 2014. Ce jour-là, il faudra reculer ses aiguilles d'une heure, ce qui signifie que les Français gagneront une heure dans la nuit. Mais la France restera cependant en décalage d'une heure avec son fuseau horaire. Le pays vit en effet à GMT+1 en hiver et à GMT+2 en été. Une "double heure d'été" qui fait bondir les opposants.

Changement d'heure en France : une vieille polémique

Car le changement d'heure fait l'objet d'un débat quasi-ancestral entre ceux qui considèrent qu'il permet des économies d'énergies, de l'ordre de 400 GWH selon les dernières mesures en 2009, et ceux qui pensent que ces économies ne sont pas si évidentes et que le changement d'heure provoque dans le même temps des troubles chez les plus fragiles mais aussi des coûts, notamment pour remettre à l'heure l'ensemble des équipements dans le service public et notamment dans les transports. A Paris par exemple, ce sont 1000 horloges qui doivent ainsi être remises à l'heure en cette fin mars. Un travail de longue haleine que les agents de la ville ont commencé dès vendredi.

Pour les défenseurs du changement d'heure, ces coûts de réglage restent cependant minimes. L'automatisation de nombreux équipements rend le passage à l'heure d'été quasiment indolore pour les grandes sociétés de l'industrie, des transports, mais aussi pour les services publics, où l'heure est l'un des déterminants des biens et services rendus aux clients ou aux usagers. La SNCF reconnait ainsi dans un communiqué que l'impact du changement d'heure sur la circulation ferroviaire est régulièrement posé, mais est "minime". Seuls quelques trains voient leurs horaires de départ ou d'arrivée perturbés.

Changement d'heure : peut-on revenir en arrière ?

Reste l'impact sur la sécurité des transports en elle-même et en particulier sur la sécurité routière. Chaque année, le nombre de morts sur les routes grandirait après le changement d'heure. La Sécurité routière alerte ainsi les piétons chaque année sur la nécessité d'être bien visibles en marge des routes, au début et à la fin de la journée, quand la luminosité n'est pas encore très importante ou quand elle faiblit. Une précision cependant : la "surmortalité" est surtout constatée lors du passage à l'heure d'hiver, quand les journées deviennent plus courtes, à l'aube (soit entre 8 et 9 heures) et au crépuscule (entre 17 et 19 heures).

Plusieurs fois, la règle du changement d'heure a été remise en cause par l'exécutif ou le législateur. Un rapport d'information du Sénat il y a quelques années reconnaissait certaines méfaits liés au changement d'heure sur l'organisme. En 1995, le Premier ministre Alain Juppé reconnaissait qu'il était difficile de déterminer avec précision ce qu'apportait réellement le changement d'heure à l'économie du pays. Enfin, en 2012, le candidat François Hollande promettait d'engager un débat sur la question lors de son mandat. Mais pour l'instant, aucune démarche n'a été lancée pour revenir sur le dispositif actuel.

Depuis 1998 et a fortiori depuis 2000, c'est l'Union européenne qui fixe les règles du changement d'heure dans toute l'Europe. Un élément qui rend juridiquement très compliquée toute modification du dispositif. La directive 2000/84/CE du 19 janvier 2001 régit le changement d'heure dans l'UE aujourd'hui. Et les opposants au changement d'heure ont déjà essayé de s'attaquer frontalement à cet état de fait. Il y a quelques années, l'ACHED, l'Association contre l'heure d'été double, a entamé au Luxembourg une procédure pour tenter de mettre fin à l'heure d'été. Les juges livreront une réponse ambigüe, estimant que le choix de l'heure légale restait du ressort des pays membres, mais cela n'incitera pas plus la Franceà ce lancer dans ce chantier qui pourrait se transformer en un casse-tête européen de plus.

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